Le Programme du Jour : Russie Espagne à 16H00 et Croatie Danemark à 20H00

Le plus grand pays du monde est derrière son équipe, qui affronte, ce dimanche (16h) et à la maison, une Espagne en demi-teinte. La Russie n’est pas favorite mais espère inquiéter une défense ibérique qu’on a connue plus souveraine. Ce n’est pas l’affiche la plus alléchante des huitièmes de finale mais ce Croatie-Danemark réserve une opposition de style intéressante et plus indécise qu’il n’y paraît.

Dans un pays où le scandale d’un dopage institutionnalisé a éclaté ces dernières années, on est bien sûr en droit de se poser des questions. Mais le camouflet (3-0) face à l’Uruguay a chassé la polémique. Quand elle affronte un adversaire digne de ce nom, la Russie redevient une équipe incolore.

Néanmoins, aujourd’hui, elle alignera ses meilleurs atouts pour faire tomber le champion du monde 2010. Zoom sur trois joueurs dont le profil peut inquiéter une défense espagnole peu sereine depuis le début de la compétition (5 buts encaissés).

Artyom Dzyuba, l’outsider

L’immense attaquant (1,96 m), passé par le Spartak Moscou et le Zénith Saint-Pétersbourg, n’a pas débuté la première rencontre face à l’Arabie Saoudite (5-0). Mais il a été décisif en marquant quelques secondes après son entrée en jeu et n’a plus quitté le onze depuis, ajoutant un autre but contre l’Égypte (3-1). Bon de la tête et dans le jeu de déviations, l’avant-centre (29 ans, 26 sélections, 14 buts) de l’obscur Arsenal Toula aura fort à faire dans ce domaine face à Piqué et Ramos.

Mais c’est un revanchard qui marche à l’affectif et dont la présence dans la liste des 23 a longtemps été incertaine. Aujourd’hui, il en profite. « Mes deux buts m’ont procuré des émotions incontrôlables. Rien ne peut se rapprocher de cela », a-t-il dit cette semaine, mettant la défaite face à l’Uruguay de côté : « Elle va seulement nous rendre plus méchants. » Devant 80 000 supporters tout acquis à la cause de la Sbornaïa, Dzyuba, lointain cousin russe de Giroud, espère encore se sentir pousser des ailes.

Denis Cheryshev, l’Espagnol

Quand on demande à des supporters russes le nom de leur chouchou, c’est celui de Cheryshev qui revient le plus souvent. Meilleur buteur de l’équipe dans ce Mondial (ses trois premiers buts en treize sélections), il était aussi sur le banc lors du premier match. L’ailier gauche est entré rapidement en jeu à la place de Dzagoev, blessé, a marqué un doublé qui lui a fait gagner ses galons de titulaire.

Ce huitième de finale sera tout particulier pour lui, qui a passé la majeure partie de sa vie en Espagne, où son père était footballeur professionnel, à Gijon et Burgos.

Cheryshev possède la double nationalité, a été biberonné au jeu espagnol, a intégré le prestigieux Castilla du Real Madrid quand il avait 12 ans, avant de porter les couleurs du FC Séville, de Valence et de Villarreal, où il évolue aujourd’hui. « Je me considère plus Espagnol que Russe parce que j’ai vécu toute ma vie en Espagne, même si je suis né en Russie, disait-il en 2011 à Marca. Mais bien sûr, j’ai une part en moi qui est russe ». Il voudra le prouver ardemment et après-midi.

Aleksandr Golovin, la pépite

On aurait pu citer Fyodor Smolov, l’habile attaquant de Krasnodar, mais le vrai talent de cette équipe est sans aucun doute Golovin, jeune meneur de jeu de 22 ans et grand espoir du foot russe.

Auteur d’une prestation remarquée lors des deux premiers matches, resté sur le banc pour souffler face à l’Uruguay, il porte les espoirs de tout un pays face à l’Espagne. « C’est un des joueurs les plus doués d’Europe », a même récemment osé l’ancien capitaine de la sélection russe, Viktor Onopko.

Son club, le CSKA Moscou aura du mal à le garder cet été. La Juventus Turin et le FC Barcelone lui feraient du gringue avec insistance. Une bonne prestation cet après-midi pourrait achever de convaincre les décideurs des grands clubs européens.

Rodrigo plutôt que Costa ?

Pour ce match à élimination directe, l’ancien du Real Madrid devrait à nouveau aligner un 4-3-3. De Gea sera bien entendu le dernier rempart de la Roja et sera protégé, comme à son habitude par Carvajal, Piqué, Ramos et Jordi Alba. Au milieu de terrain, l’inusable Sergio Busquets sera bien devant la défense et sera accompagné, à gauche, d’Andrés Iniesta et de Koke à droite. Enfin, devant, David Silva et Isco seront sur les ailes pour servir la pointe que pourrait être Rodrigo, l’attaquant de Valence.

Croatie Danemark :

Ce n’est pas l’affiche la plus alléchante des huitièmes de finale mais ce Croatie-Danemark réserve une opposition de style intéressante et plus indécise qu’il n’y paraît.

La maîtrise technique croate contre la solidité défensive danoise. Christian Eriksen contre Luka Modric. Le match Croatie-Danemark comptant pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde (dimanche à 20h, à Nijni Novgorod) est une affiche faite de duels. Sur le papier, les Croates partent favoris. Mais pour accéder aux quarts de finale, ils devront franchir la muraille rouge des Danois. Plus facile à dire qu’à faire…

Les Croates faciles, les Danois sans coup d’éclat. C’est peu dire que les Croates ont impressionné au premier tour. Versés dans un groupe D relevé avec l’Argentine, l’Islande et le Nigeria, les Vatreni (les Ardents, en VF) ont réussi à remporter leurs trois matches, et avec la manière. Après un tour de chauffe contre le Nigeria (2-0), la Croatie a dévoré le supposé favori argentin dans un match à sens unique (3-0). Son équipe étant déjà qualifiée à ce stade, le sélectionneur Zlatko Dalić avait fait tourner face à l’Islande mais ses joueurs ont décroché, avec quelques difficultés, une troisième victoire en poule (2-1).

De leur côté, les Danois ont terminé, comme attendu, deuxièmes de la poule C derrière la France. Les Danish Dynamite avaient fait le plus dur lors de la première journée en s’imposant 1-0 face au Pérou, rival potentiel pour la qualification. Pas flamboyants, les coéquipiers de Christian Eriksen ont ensuite concédé deux matches nuls, contre l’Australie d’abord (1-1), puis contre la France (0-0) dans un match sans réel enjeu (le nul satisfaisait les deux équipes).

Opposition de style. Plus que leur parcours, c’est clairement leur façon de jouer qui différencie les Croates et les Danois. Au cours des trois matches de groupe, les premiers ont montré un jeu séduisant tandis que les seconds ont surtout fait preuve d’une rigueur défensive remarquable. Balle au pied, la Croatie s’est révélée être l’équipe la plus enthousiasmante de ce Mondial, portés par le génie de Modric.

Mais la fluidité croate suffira-t-elle à briser la solidarité défensive danoise ? Les Scandinaves n’ont encaissé qu’un but en trois matches… sur penalty. Surtout, ils ne concèdent que peu d’occasions et s’ils marquent, les Danois se replient pour sauvegarder leur avantage. Pas flamboyant mais très efficace.

Modric vs. Eriksen, le match dans le match. La Croatie et le Danemark ont comme point commun le fait d’être emmenés par un joueur clairement au-dessus du lot. Les Croates sont portés par le génie de Luka Modric, déjà auteur de deux buts dans cette Coupe du monde (dont un bijou contre l’Argentine). A 32 ans, le joueur du Real Madrid est arrivé à maturité et officie en tant que maître à joueur au cœur du jeu de la Croatie. En trois matches, il a régalé les amateurs de beau football avec ses transversales millimétrées, son jeu vers l’avant explosif et son touché de balle délicat. Atout majeur des Croates, il peut compter sur ses lieutenants Ivan Perisic, Ivan Rakitic et Mario Mandzukic.

«Les ailes de la tempête pour la tempête du foot: un coeur, une âme, une Croatie!».

La Croatie, justement : trois matchs, trois victoires, sept buts marqués, un encaissé, donc elle va bien, merci pour elle. D’autant que la bande à Dalić a eu la possibilité de remettre son compteur cartons à zéro lors du match contre l’Islande (2-1) et de faire reposer ses cadres. Résultat, dimanche soir, à Nijni Novgorod, les Croates reviennent sur la piste sans surprise, avec Rakitić, Lovren et Mandžukić, remplaçants contre les Islandais. Ce match, on le sait, est un révélateur : cette nation a-t-elle encore enflammé son monde dans le vent ? A-t-elle vraiment les moyens d’aller bousculer les gros dans la conquête d’un titre majeur ? Pourquoi pas, après tout : une équipe de ce calibre, avec une telle confiance, doit croire en ses chances. Pas de panique, c’est ce qu’elle fait.

Plus esseulé au sein de l’équipe danoise, le milieu offensif Christian Eriksen a également bien commencé son Mondial avec un but et une passe décisive. A 26 ans, il s’est imposé depuis quatre saisons dans l’entrejeu de Tottenham, participant activement au renouveau des Spurs (sur le podium de Premier League depuis 2015). Christian Eriksen fait partie de ces rares joueurs à terminer chaque saison en « double-double » (au moins dix buts et dix passes décisives). Le Danois a réalisé cette performance, toutes compétitions confondues, sur trois saisons consécutives de 2015 à 2018. Il est évidemment le principal danger du Danemark avec 23 buts et 16 passes décisives en 80 matches.

La Croatie est favorite sur son match contre le Danemark alors que Espagne Russie semble plus incertain !

Réponse à 16h00 et 20h00

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