Equipe de France : Le retour aux valeurs de 98 ! Domenech style is over !

Qu’il nous semble loin le temps de l’Equipe de France de Domenech ! Depuis la reprise en main de l’Equipe de France par Laurent Blanc et Didier Deschamps à partir de 2010, ces 2 glorieux anciens Champions du Monde ont su redorer le blason de notre Equipe Nationale de Football !

2004 – 2010 restera l’une des périodes les plus sombre sous la direction du sélectionneur Raymond Domenech même si la France se qualifiera en phase finale de trois grandes compétitions et fera une finale de la Coupe du Monde 2006 grâce au retour de Zidane. Domenech terminera sa carrière de sélectionneur national à l’issue de la Coupe du monde 2010, un cuisant échec sur fond de polémiques internes dans ce que les médias qualifieront de fiasco général. Il est le sélectionneur français le plus controversé en raison de sa communication suscitant parfois l’incompréhension, mais aussi pour la faiblesse des résultats de l’équipe de France postérieurs à 2006.  Il échoue sévèrement aux premiers tours de l’Euro 2008 et de la Coupe du monde 2010. Lors de sa nomination, il insiste sur la nécessité de modifier de fond en comble le fonctionnement de l’équipe de France à la suite des échecs de 2002 et 2004. Il déclare par exemple, en août 2004 : « Ne rien changer, ne rien tenter conduirait à monter directement à l’échafaud. Il faut changer les habitudes et donc il faut changer les gens. L’équipe de France n’appartient à personne. ». Ainsi, Domenech mène une rupture par rapport à ces prédécesseurs, change l’intégralité du staff et rétablit certaines règles, parfois mal comprises par les joueurs.

Sa prise de fonction coïncide avec la retraite internationale de plusieurs joueurs cadres, anciens héros de la Coupe du monde 1998 et de l’Euro 2000 (Lilian Thuram, Bixente Lizarazu, Marcel Desailly, Zinédine Zidane). Raymond Domenech doit reconstruire la sélection tout en assurant la qualification pour la Coupe du monde 2006. Pour cela, le sélectionneur mise sur une nouvelle génération de joueurs (Abidal, Évra, Givet, Squilacci, Pedretti, Mavuba, Malouda ou encore Cissé) tout en conservant certains cadres (Barthez, Gallas, Pirès, Giuly, Henry, Wiltord et Vieira qu’il nomme capitaine). Son début de mandat est poussif : les Bleus enchaînent les matchs nuls dont quatre 0-0 au Stade de France. À mi-parcours, la France pointe à la 4e place du classement. En , Domenech est à l’origine du retour des trois anciens : Zinédine Zidane (qui reprendra alors le capitanat), Lilian Thuram et Claude Makelele qui sont rappelés à partir du match contre la Côte d’Ivoire (3-0). À la faveur de ces retours, l’équipe de France se qualifie pour la Coupe du monde de 2006 après une victoire étriquée en Irlande (1-0) et un dernier match contre Chypre (4-0). L’équipe de France parvient en finale mais s’incline aux tirs au but contre l’équipe d’Italie au terme d’une rencontre marquée par la « panenka » sur penalty, puis l’expulsion de Zinédine Zidane pour son dernier match officiel. Fort de ce résultat, il renégocie son contrat de sélectionneur qui est prolongé jusqu’en 2010…

À l’Euro 2008, placé dans le groupe le plus relevé de la compétition, la France est tenue en échec par la Roumanie lors du premier match (0-0) puis est corrigée par la brillante équipe des Pays-Bas (4-1) malgré le retour de Thierry Henry. La défaite face à l’Italie (2-0) clôt le suspense en éliminant la France. De plus, Domenech n’a pas su gérer le cas de Patrick Vieira, qui blessé, n’a pas pu jouer une seule rencontre alors qu’il l’avait emmené en Suisse. De nombreuses critiques de la part de la presse française et de la presse étrangère, en particulier italienne et britannique, imputent en partie à Raymond Domenech l’échec français à l’Euro 2008. The Times va jusqu’à lui décerner, avant même l’élimination face à l’Italie, le titre de « plus mauvais sélectionneur de l’Euro». La presse italienne se montre pour sa part ironique, à l’image du Corriere dello Sport, qui le remercie d’avoir eu « l’idée géniale » de ne pas sélectionner Trezeguet. En France, la question de son maintien au poste de sélectionneur est posée, mais le conseil fédéral de la FFF du 3 juillet 2008 – alors même que le président Jean-Pierre Escalettes parle d’« échec retentissant » – le maintient en place, son contrat courant jusqu’en 2010. Certains médias et d’anciens membres de France 98 qui militaient pour la nomination de Didier Deschamps commencent à mettre en doute les choix du sélectionneur, ses compositions d’équipe ainsi que son coaching sont parfois jugés défaillants.

À la suite de la qualification de justesse pour le Mondial 20101 , la question du renvoi de Domenech est à nouveau posée. Pour son entrée dans la compétition, l’équipe de France fait match nul contre l’Uruguay (0-0). Son deuxième match face au Mexique est perdu sur le score de 2 à 0 et lors de son dernier match contre l’Afrique du Sud, l’équipe de France est battue (2-1). L’équipe de France est ainsi éliminée dès la phase de groupes de la compétition. Raymond Domenech se retrouve de nouveau sévèrement critiqué par la presse qui lui donne une grande part de responsabilité dans ce qui est considéré comme un fiasco sportif doublé d’une crise morale. En effet, le parcours français dans cette compétition est marqué par de nombreux incidents fortement médiatisés : Nicolas Anelka renvoyé après avoir insulté son sélectionneur lors de ce que Domenech qualifie de simple « fait de vestiaire », « chasse au traître » lancée par le capitaine Patrice Évra, boycott d’un entraînement par les joueurs, démission d’un cadre de la fédération, refus de Domenech de serrer la main du sélectionneur de l’équipe d’Afrique du Sud Carlos Alberto Parreira à la fin du dernier match. Entre 2004 et 2010, Raymond Domenech aura dirigé 79 matchs (41 victoires, 24 matchs nuls et 14 défaites) dépassant le précédent record de Michel Hidalgo (75 rencontres).  Il reste le « sélectionneur qui n’a jamais rien gagné ».

On ne peut qu’apprécier cette nouvelle période post 2010 où les valeurs clefs de la réussite sportive sont revenues au premier plan : Collectif, Groupe, Entente, Dévotion, Courage, Solidarité. Tels sont les valeurs du sport et notamment du football qui font que l’Equipe avance et réussit !

Blanc et Deschamps sont revenus à des discours simples où seul le football à sa place comme ce le fut à son époque pour Aimé Jacquet, le sélectionneur qui a donné sa première étoile à l’Equipe de France. 

Quand il était sélectionneur, il a toujours eu une relation intimiste avec ses joueurs, basée sur le respect, l’écoute, l’échange, la compréhension tout en restant le leader, le chef de file, et en ayant à l’esprit l’agenda et le cahier des charges que l’on devait respecter. Tout en les accompagnant, il mettait ses joueurs devant leurs responsabilités. Et puis il était toujours là pour les soutenir. Il était le premier pare-feu en permanence. Avant de former un groupe de joueurs, il a composé un groupe d’hommes sur lesquels il savait qu’il pouvait compter. Avec eux, il avait la proximité et parfois même l’intimité tout en ayant le respect. C’est ce qui a fait sa force et la force de France 98. Aux 20 ans de la victoire de 98, la valeur qui revenait encore était l’humilité !

Quand on entend les joueurs lors de cette Coupe du Monde 2018, on retrouve cette sensation de fraîcheur et d’humilité. Il n’y a plus de star mais un groupe de 23 quitte à s’être passé de Benzema, Rabiot et autres qui auraient pu changer l’état d’esprit. Une fois de plus, le parallèle Deschamps – Jacquet saute aux yeux quand on sait que Cantona à son époque avait été sorti du groupe France. Mais si le Madrilène a payé pour son comportement extra-sportif, l’ancien mancunien, grande star de l’époque, a lui tout simplement refusé de jouer attaquant chez les Bleus.

Loué pour son pragmatisme, Deschamps semble être allé au bout de ses idées à la lecture de son groupe. N’hésitant pas à montrer une certaine forme d’évolution dans sa réflexion. Que ce soit au Brésil en 2014 ou en France en 2016, il avait toujours inclus dans ses bagages deux attaquants de métier. Pas en 2018 pour la Russie. En se passant de Lacazette, au profit de Mbappé, considéré comme tel mais rarement utilisé à ce poste au PSG, mais aussi par ricochet de Fekir ou Thauvin. Deschamps a pris des risques en 2018. En s’offrant une palette offensive plus large (Lemar, Dembélé, Griezmann, Giroud en plus de Mbappé, Fekir et Thauvin) et différentes philosophies de jeu. Un goût du risque également vu en défense avec les présences de Sidibé et Mendy de retour de blessure. Avec une moyenne d’âge de 25 ans et demi – et seulement cinq trentenaires dans le groupe, les Bleus se présenteront le visage poupon et les joues un peu rosies au Mondial. Pas un problème pour le patron des Bleus : « On a moins d’expérience mais de l’ambition. »

Au moment de se lancer dans la Coupe du monde 98, l’age moyen de l’Equipe de France etait de 26 ans et trois mois pour la troupe d’Aimé Jacquet, et surtout seulement 19 sélections par joueur.  Avec seulement 24 sélections par joueur en moyenne, dont onze joueurs à moins de dix sélections, l’Equipe de France 2018 est en fait très proche de celle de 98 débutant le Mondial. En termes de caractère et d’état d’esprit, on ne vois pas de leader moral. En 1998, on avait que ça : Desailly, Blanc, Deschamps… On peut espérer qu’un Mbappé s’impose comme un leader technique, comme Griezmann l’a fait en 2016 ou Zidane en 1998. Varane aussi peut devenir un leader lors de cette Coupe du Monde.

On sent en tout cas que entre le 1er et le 2ème match de l’Equipe de France, le collectif a pris le dessus. L’engagement dans les duels est plus intense et le soutient à son partenaire sur le terrain est devenue une réalité. La dernière conférence de presse avant le 3ème match de poule contre le Danemark appuie encore cette réalité de groupe.

Florian Thauvin : « Je vis bien d’être remplaçant, même si ce serait plus facile si j’étais sur le terrain car nous somme des compétiteurs. Mais je n’oublie pas la chance que j’ai d’être à la Coupe du monde, un rêve depuis que je suis tout petit. J’espère bien sûr avoir du temps de jeu et mon rôle est de me tenir prêt, de ne pas perdre le rythme et de rester à la disposition du coach. On a forcément envie de jouer, de tout donner pour cette Équipe de France. Il faut simplement être patient et se tenir prêt. On a aussi un rôle à jouer auprès de nos coéquipiers, on est là pour les soutenir. On est vingt-trois, on représente la France, on doit être à 100 % pour les aider ».

Djibril Sidibé : « Après le coup reçu contre les États-Unis, j’ai eu une petite réaction à cause des transports, le bus et l’avion, et le genou a gonflé. On a fait le nécessaire, on a suivi le protocole pour le drainer et aujourd’hui, je suis à 100 %. C’est ce contexte qui m’a empêché de débuter. Il y a forcément un peu de frustration de se retrouver dans cette situation mais c’est aussi un rêve de disputer ce Mondial. Il faut mettre de côté les états d’âme, on n’est pas là pour bouder, mais travailler pour montrer au coach qu’on est plus que présent. Ce n’est pas évident de peu ou de ne pas jouer au niveau du rythme. On se doit donc de bien s’entraîner, de rester concentré et d’être prêt à sauter sur la moindre occasion. Sans oublier que l’Équipe de France, c’est le collectif avant le joueur, une fierté, un honneur, une chance ».

En tout cas, après cette victoire sur le Pérou et la qualification pour les 8ème, la joie de vivre au sein du groupe semble bien présente et cela est déjà une grande victoire ! C’est de très bonne augure pour la suite de cette Coupe du Monde et plus l’Equipe ira loin dans la compétition, plus elle prendra une place importante dans le cœur des Français. Bravo déjà à Deschamps pour le travail effectué !

 

 

 

 

 

 

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